Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°8 - Août 2013

La participation des personnes en situation de pauvreté aux
décisions qui les concernent : un modèle inspirant

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« Les politiques contre la pauvreté et pour le développement seront plus effectives, durables, inclusives et équitables si elles sont le résultat d’un processus participatif1. »

La participation des personnes en situation de pauvreté aux décisions qui les concernent présente de nombreux avantages et doit être favorisée à tous les points de vue. Le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, à l’instar de plusieurs autres organismes, applique ce principe dans toutes ses actions et il s’est donné comme objectif d’amener d’autres organisations à tenir compte du point de vue des personnes concernées par leur action. Tel que prévu dans son plan d’action de développement durable, le Comité compte faire valoir, dans le présent texte, les avantages que présente ce principe pour tout organisme qui se consacre à la défense de droits ou qui conçoit des mesures et programmes pour servir la population.

Reconnaître les personnes en situation de pauvreté comme des acteurs à part entière

« Il faut que les personnes qui vivent la pauvreté soient présentes lorsqu’on discute des questions qui les touchent. Des personnes dont les droits ne sont pas bafoués discutent et décident à propos des droits bafoués, sans être elles-mêmes concernées, alors que les personnes concernées sont absentes2. »

Cette affirmation reflète bien le regard que portent les personnes en situation de pauvreté sur l’importance de la prise en compte de leur point de vue dans les décisions qui les concernent. Il faut reconnaître l’incohérence de traiter de leur situation en leur absence ou de prendre des décisions sans les consulter. L’organisme ATD Quart Monde a acquis une expertise sur le croisement des savoirs et des pratiques avec des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale. La charte qu’il a adoptée sur cette question met en évidence la différence de position existant entre le monde des institutions, des politiques, des chercheurs et chercheuses, et des intervenantes et intervenants professionnels qui trouvent des solutions et celui des personnes en situation de pauvreté, qui sont souvent priées de collaborer aux solutions que d’autres ont imaginées pour elles3.


1. HAUT-COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME, Questionnaire sur la participation des personnes en situation de pauvreté dans les programmes et politiques publiques élaboré par la rapporteuse spéciale sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, Magdalena Sepúlveda Carmona, juillet 2012.
2. Extrait de la présentation du Collectif pour un Québec sans pauvreté au rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, le 6 mai 2012, par Élisabeth Germain et Joan Tremblay.
3. ATD QUART MONDE, Charte du croisement des savoirs et des pratiques avec des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale, 2006.

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