Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°15 - Août 2015

Décloisonner les mesures d'aide à l'emploi et les adapter
aux besoins multiples des personnes

Séparation.

Les réalités et les besoins de soutien des personnes sans emploi étant très diversifiés, les modes d’intervention doivent l’être tout autant. Chaque personne est unique. Le soutien qu’on offre à chaque individu doit avant tout être adapté à ses besoins, qu’il reçoive une aide financière ou non. Des situations particulières requièrent des moyens d’action tout aussi particuliers. Par exemple, les besoins des personnes immigrantes, surtout celles qui sont nouvellement arrivées, ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux des personnes nées au Canada. Il faut tenir compte de toutes les dimensions de leur intégration socio-économique à la société québécoise et des obstacles systémiques auxquels elles font face.

On pourrait citer d’autres exemples d’interventions qui devraient être adaptées. Notamment, l’approche auprès des autochtones doit également se coller aux réalités historiques, territoriales et socio-économiques de ces personnes. Les situations de handicap méritent aussi qu’on s’attarde aux obstacles spécifiques qu’elles génèrent en ce qui concerne tant la discrimination que vivent les personnes handicapées que leurs besoins d’accommodements en milieu de travail.

Plusieurs intervenantes et intervenants rencontrés au cours de consultations menées par le Comité ont rappelé une réalité largement reconnue, à savoir que l’accompagnement des personnes plus vulnérables est un élément clé de la réussite des interventions, y compris dans le domaine de la réinsertion en emploi. Ils ont également souligné un autre point crucial de cette réussite, soit l’accompagnement des employeurs qui doivent s’adapter à de nouvelles réalités. À ce chapitre, les premières semaines sont cruciales. Si des causes de mécontentement se présentent, le risque de congédiement peut être important.

Adapter les mesures et services

Malgré la volonté maintes fois exprimée d’adopter une approche globale, dans la pratique, on revient souvent au fonctionnement en vase clos ou à une approche par mesure, au détriment de cette approche globale. Cette façon de faire empêche de prendre en compte l’ensemble des besoins d’une personne et de maintenir la continuité de son parcours vers l’emploi. Elle favorise souvent l’intégration rapide à l’emploi au détriment d’une intégration durable. La rareté des ressources et les modes de reddition de comptes expliquent en bonne partie cette façon de fonctionner. Afin de tenir compte de toutes les dimensions d’une personne, il importe de décloisonner les services et d’établir des passerelles intersectorielles.

La souplesse et l’adaptation des programmes, des mesures et des services aux réalités et aux besoins divers des personnes sont des conditions de la réussite de l’intégration. Il s’agit en fait de placer l’intérêt de la personne au centre de l’intervention. Ses besoins et la reconnaissance de ses compétences doivent primer sur les contraintes administratives et les besoins ponctuels du marché du travail. L’adaptation et la souplesse font référence tant au mode de prestation de services qu’à la durée des interventions.

Pour les personnes plus éloignées du marché du travail, les mesures actuelles présentent certaines limites, notamment en ce qui a trait à la durée ou aux possibilités quant à l’accès à un emploi offrant des conditions salariales intéressantes, une sécurité et des avantages sociaux...

Séparation.