Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°15 - Août 2015

Décloisonner les mesures d'aide à l'emploi et les adapter
aux besoins multiples des personnes

Séparation.

Tout en continuant d’améliorer le soutien aux personnes plus éloignées du marché du travail, il est aussi impératif d’aider les autres personnes qui, autrement, risquent éventuellement de faire face à des difficultés susceptibles de les entraîner dans une spirale d’appauvrissement et d’exclusion, notamment les travailleuses et travailleurs précaires. Ces personnes, parce qu’elles sont en emploi, ont peu accès à des mesures de soutien, par exemple pour se réorienter vers un autre secteur d’activité moins précaire et offrant de meilleures garanties de stabilité et de sécurité économique. Pourtant, étant donné leur statut, elles sont souvent à risque de chômage prolongé.

Par ailleurs, les besoins peuvent également varier grandement d’une région à l’autre. L’offre de service doit donc pouvoir tenir compte de cette diversité et s’y adapter.

Enfin, deux autres éléments incontournables s’imposent. D’une part, il apparaît crucial d’associer les personnes concernées à la définition des mesures et services qui leur sont destinés, et ce, dès le départ. D’autre part, il faudrait revoir le mode de reddition de comptes afin de l’axer davantage sur des résultats qualitatifs. À l’heure actuelle, la reddition de comptes est essentiellement de nature quantitative.

Replacer l’humain au cœur des interventions

L’accès à des mesures actives d’emploi et à la qualification est un impératif dans la lutte contre la pauvreté. En 2014, le taux de chômage s’élevait à 16,1 % pour les personnes ne possédant aucun diplôme, alors qu’il s’établissait à 8,4 % pour celles qui ont obtenu leur diplôme d’études secondaires2.

Dans le Plan d’action pour la solidarité et l’inclusion sociale 2010-2015, le gouvernement du Québec s’engageait à offrir les services et les mesures nécessaires aux personnes qui en ont besoin pour faciliter leur épanouissement personnel et leur intégration au marché du travail et à la vie en société. Allons plus loin et consentons des efforts additionnels pour adapter davantage les mesures et services aux besoins des personnes, replaçons l’humain et non les structures au cœur des interventions. Ainsi, il faut revoir l’organisation des services, briser les silos et redonner de l’espace pour prendre en compte l’être humain dans sa globalité.

Malgré le contexte actuel de contraintes budgétaires, viser avant tout un retour rapide en emploi n’est pas la bonne voie pour assurer une intégration durable. Offrir la mesure appropriée est toujours plus rentable à long terme.

Collectivement plus riches de moins de pauvreté, nous serons mieux...



2. STATISTIQUE CANADA, « Enquête sur la population active : estimations selon le diplôme scolaire, le sexe et le groupe d’âge », tableau CANSIM 282-0209, 2015 (Consulté le 14 juillet 2015).

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