Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°9 - Février 2014

Hausses tarifaires et augmentation du coût de la vie :
des obstacles à la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale

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La question des hausses tarifaires et de l’augmentation du coût de la vie refait surface régulièrement dans l’actualité. Elle a fait l’objet du premier avis du Comité consultatif en 20071 et celui-ci souhaite, dans le présent bulletin électronique, ramener ce sujet à l’avant-plan.

Des hausses qui minent le budget des personnes à faible revenu

Dans son avis de 2007, le Comité consultatif soulignait que les hausses tarifaires constituaient une brèche dans les efforts pour lutter contre la pauvreté et assurer une meilleure redistribution des revenus. Sans surprise, la suite des événements a confirmé ce constat : les hausses tarifaires se sont poursuivies. Lorsque viennent s’ajouter l’augmentation des prix de plusieurs biens et services essentiels, la situation de nombreuses personnes se détériore au lieu de s’améliorer. Ces hausses contribuent notamment à leur pauvreté et à leur exclusion sociale en les privant de l’accès à différents services, en les obligeant à réduire davantage leurs dépenses pour des biens de base ou en limitant leur mobilité. Pour plusieurs groupes de personnes (familles monoparentales, prestataires de l’assistance sociale, travailleuses et travailleurs à faible revenu, personnes âgées, etc.), les augmentations récurrentes détériorent une situation financière déjà précaire et rendent également plus difficile l’accès aux loisirs, à la formation et même à l’emploi.

Qu’il s’agisse de la hausse des tarifs d’électricité, des frais de garde ou de scolarité, de la contribution santé, du prix des médicaments, du coût de l’immatriculation, du permis de conduire, des assurances, de l’essence ou du transport en commun, du loyer, du coût du chauffage, du téléphone, du câble, d’Internet ou des denrées alimentaires, la part du revenu des ménages consacrée à ces biens, pour la plupart essentiels, a considérablement augmenté et ne cesse de subir des pressions à la hausse. Certains de ces biens et services sont payables à des entreprises privées, mais plusieurs sont des services publics dont les revenus aboutissent directement dans les coffres de l’État.

En 2007, le Comité faisait état que la part des revenus de l’État provenant de l’impôt des particuliers était en diminution. Ce phénomène s’est accentué depuis, cette part étant de 28,8 % en 20122. Pour compenser cette diminution, les revenus provenant des taxes, dividendes, droits et permis sont en constante progression. Le caractère régressif de ces mesures fait en sorte de réduire la redistribution de la richesse collective et de répartir de manière inéquitable sur les épaules de tous les contribuables le manque à gagner résultant des baisses d’impôt consenties, lesquelles ont profité davantage aux mieux nantis qu’aux personnes à faible revenu. Proportionnellement à leur revenu, ces dernières ont donc un effort très important à fournir.


1. COMITÉ CONSULTATIF DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET L’EXCLUSION SOCIALE (2008), Des tarifs qui excluent… Des solutions qui rassemblent, 32 pages.
2. . Ministère des Finances, Budget 2012-2013, Données historiques (PDF).

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