Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°9 - Février 2014

Hausses tarifaires et augmentation du coût de la vie :
des obstacles à la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale

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Le coût de plusieurs biens et services affecte davantage les personnes en situation de pauvreté

Une étude réalisée par le Comité au moment de la rédaction de l’avis de 2007 révélait que les coûts d’énergie et de transport constituaient les préoccupations principales des personnes à faible revenu face aux hausses tarifaires. Des consultations tenues entre novembre 2012 et juin 2013 par le Comité, relativement à un avis à paraître sur la reconnaissance de la participation citoyenne, ont confirmé que la question du transport, notamment son accessibilité et son coût élevé, demeure un obstacle majeur à l’intégration sociale des personnes en situation de pauvreté. Depuis 2008, les hausses des tarifs pour le transport en commun ont été considérables, particulièrement pour les laissez-passer mensuels à tarifs réduits, le paiement en argent comptant et les billets unitaires. Mentionnons que ces deux derniers modes de paiement sont souvent les seuls accessibles pour les personnes en situation de pauvreté ne pouvant se payer le laissez-passer mensuel. Pour celles vivant en région ou dans un milieu rural, l’exigence d’une automobile pour se déplacer représente également une dépense importante, continuellement en croissance, notamment en raison de l’augmentation fréquente du prix de l’essence.

On ne le dira jamais assez, les hausses tarifaires dans le transport en commun et l’augmentation des coûts reliés à l’utilisation d’une automobile contribuent à l’exclusion des personnes en situation de pauvreté. Priver quelqu’un de transport, c’est lui enlever du pouvoir sur sa vie, diminuer ses chances de se trouver un emploi, le couper d’un réseau lui permettant de sentir qu’il occupe une place dans la société.

Quant aux tarifs d’électricité, cette seule facture représente actuellement 8,75 % du revenu moyen d’un ménage du premier décile3 de revenu, alors qu’elle représente seulement 1,8 % de celui d’un ménage du neuvième décile4. Les hausses tarifaires demandées par Hydro-Québec pour 2014 contribueront à creuser davantage cet écart, si elles sont accordées. La hausse de ces dépenses, additionnée à celle des autres biens essentiels, a donc des répercussions beaucoup plus importantes pour les personnes à faible revenu.


3. Le groupe de décile de revenu offre un classement sommaire de la situation économique d'une personne fondée sur sa position relative quant à la répartition du revenu après impôt rajusté des familles économiques. La population dans les ménages privés est répartie selon son revenu familial après impôt rajusté et est ensuite divisée en 10 groupes égaux comprenant chacun 10 % de la population. (Statistique Canada)

4. COALITION OPPOSÉE À LA TARIFICATION ET À LA PRIVATISATION DES SERVICES PUBLICS (2013), Hydro-Québec ─ Histoire d’un détournement [Présentation PowerPoint], page 53. Tiré de http://www.nonauxhausses.org/outils/hausses-dhydro-quebec/

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