Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°17 - Février 2016

La participation des prestataires de l'aide sociale
aux mesures d'aide à l'intégration à l'emploi

Séparation.

La réalité des prestataires d’aide financière est complexe. Plusieurs facteurs doivent être pris en considération pour comprendre les moyens qui peuvent les aider à réintégrer le marché du travail. Ces personnes font face à de nombreuses difficultés, tant sur le plan personnel que sur le plan social. Souvent, elles ne font que survivre (« La survie est une job à temps plein1. »). Leur situation ne se réduit pas à une absence de motivation ou à une question d’incitation. Ces jugements ne sont en fait que des préjugés, et ils constituent des obstacles importants non seulement à leur intégration au marché du travail, mais aussi à leur participation citoyenne. Malheureusement, un sondage récent de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse vient confirmer l’ampleur des préjugés véhiculés à l’égard des prestataires. On y apprend que la moitié des Québécoises et des Québécois entretiennent une opinion négative envers les prestataires de l’aide sociale2.

Le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale appuie l’intensification du soutien et de l’accompagnement des nouveaux prestataires d’aide sociale, car, on le sait, plus une personne demeure longtemps prestataire, plus il lui devient difficile de s’en sortir. Par contre, il faut tenir compte des caractéristiques de ces personnes afin de leur offrir le soutien approprié.

Des mesures coercitives assorties de pénalités viendraient réduire une aide financière déjà trop faible pour assurer la couverture des besoins de base des personnes. Cette façon de faire contrevient par ailleurs à la législation en vigueur et à divers traités internationaux auxquels le Québec a adhéré, notamment la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la Charte des droits et libertés de la personne ainsi que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Pour le Comité, de telles pénalités sont injustes, inutiles et le plus souvent inefficaces et elles compromettent la santé de ces personnes et leurs chances de s’en sortir.


1. Commentaire d’une personne présente à une consultation du Comité.
2. Pierre NOREAU et autres, « Droits de la personne et diversité : rapport de recherche remis à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse », 2015, p. 70.

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