Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°17 - Février 2016

La participation des prestataires de l'aide sociale
aux mesures d'aide à l'intégration à l'emploi

Séparation.

S’il est vrai que les nouveaux demandeurs d’aide sociale sont en bonne partie des jeunes et des personnes immigrantes, il faut se questionner sur leurs difficultés d’intégration à l’emploi. Le taux de chômage des jeunes est le double de celui de la population en général. Quant aux personnes immigrantes arrivées il y a moins de cinq ans, ce taux excède le double de celui des personnes nées au Canada, malgré qu’elles soient la plupart du temps plus scolarisées.

En ce qui concerne les jeunes issus de familles elles-mêmes prestataires de l’aide sociale, le Comité est d’accord qu’il est tragique de les voir ainsi commencer leur vie adulte. Par contre, peut-être qu’au lieu de parler de transmission d’une génération à l’autre de la dépendance à l’aide sociale faudrait-il se demander si ces jeunes et leur famille ont vraiment reçu tout le soutien dont ils auraient eu besoin plus tôt dans leur vie. Un enfant pauvre a nécessairement un ou des parents pauvres. Par ailleurs, le taux de décrochage scolaire est beaucoup plus élevé dans les milieux défavorisés. Pour les jeunes, le premier geste préventif à faire est la lutte au décrochage scolaire et l’amélioration du revenu des parents pour assurer à ces enfants une plus grande égalité des chances.

Que ce soit dans le contexte de l’aide sociale ou dans tout autre domaine, forcer des personnes à entreprendre des démarches pour lesquelles elles ne sont pas suffisamment outillées produit la plupart du temps un effet de découragement, du fait des échecs que cette façon de faire risque d’entraîner. Les études du Ministère démontrent d’ailleurs que l’une des principales causes d’abandon de la participation à une mesure active est le manque de motivation. Le fait de l’imposer ne soutient certainement pas la motivation. Ainsi l’approche incitative plutôt que punitive préconisée dans le premier plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale est, selon le Comité, la voie à suivre. Le gouvernement choisissait alors de faire confiance aux personnes et de favoriser leur effort volontaire.

Le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale croit fermement que, comme le reste de la population, la majorité des prestataires sont prêts à s’engager dans une mesure d’aide à l’emploi quand ils pensent que cette mesure est pertinente pour eux et qu’ils ont des chances raisonnables d’améliorer leur situation.

Collectivement plus riches de moins de pauvreté, nous serons mieux...

Séparation.