Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°3 - Mai 2012

Vivre à l'assistance sociale

Séparation.

Mentionnons enfin que la prestation moyenne par ménage prestataire de l’aide sociale (sans contraintes sévères) est de 654,62 $ par mois. Pour un ménage prestataire de la solidarité sociale (avec contraintes sévères), la prestation moyenne est de 839,22 $ par mois.

Il s’agit de beaucoup de chiffres, mais, derrière ces chiffres, il y des êtres humains qui peinent à vivre décemment. Dans notre société on s’arroge souvent le droit d’examiner leurs moindres choix. On les juge parfois avec mépris sans même connaître leur parcours, les condamnant ainsi à l’exclusion.

Qui sont ces personnes prestataires?

Les prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours sont un peu plus souvent des hommes que des femmes. Les hommes sont, en moyenne, plus âgés et ils vivent plus souvent seuls. Ce sont des enfants aussi qui risquent de poursuivre leur vie à l’assistance sociale, si on ne trouve pas les moyens de les aider à s’en sortir. Ce sont des jeunes qui y entrent à 18 ans, parfois après leur sortie d’un centre jeunesse, blessés par la vie, et qu’on n’a pas suffisamment outillés pour pouvoir faire un autre choix.

Ce sont des personnes immigrantes, nouvellement arrivées, qui pourraient vivre ici la vie qu’elles espéraient lorsqu’elles ont décidé de quitter leur pays, si on reconnaissait leurs compétences et soutenait mieux leur intégration.

Des personnes peuvent devenir prestataires de l’assistance sociale pour de multiples raisons. Ce peut être en raison d’une perte d’emploi, d’une maladie, d’une rupture de couple, etc. Elles peuvent par la suite avoir de la difficulté à s’en sortir pour des raisons tout aussi diverses. Plusieurs demeurent prisonniers de cette trappe parce qu’ils ne disposent pas de moyens suffisants pour s’en sortir, et qu’on leur renvoie d’eux une image très négative qui les humilie et les isole.

Bon nombre de personnes qui reçoivent des prestations ont tenté et tentent toujours tant bien que mal de s’intégrer et de se maintenir en emploi. En février 2012, plus du tiers des nouvelles admissions au programme d’aide sociale étaient consécutives à la fin des prestations d’assurance-emploi, à la perte d’un emploi sans droit à l’assurance-emploi, ou à des prestations d’assurance-emploi insuffisantes. Par ailleurs, un peu plus de 21 000 ménages prestataires ont déclaré des revenus de travail. Ainsi, malgré leurs efforts, ils ont gagné des revenus trop faibles pour survivre sans prestations.

Séparation.