Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°10 - Mai 2014

Vivre seul en situation de pauvreté

Séparation.

En moins de trente ans, la proportion de personnes seules dans l’ensemble des ménages qui reçoivent des prestations des programmes d’assistance sociale est passée de la moitié à un peu plus des trois quarts. Pour le programme de solidarité sociale (personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi), la proportion est encore plus élevée, soit un peu plus de 90 %. Ces données tendent à démontrer que les personnes seules ont plus de difficultés à s’en sortir. Pour le Comité, il est clair que l’une des raisons principales est l’insuffisance de leur revenu.

Les personnes en situation de pauvreté doivent fréquemment choisir, à cause d’un revenu insuffisant, entre acheter un médicament ou acheter de la nourriture. La pauvreté dans laquelle vivent bon nombre de personnes seules étant souvent extrême, elles sont particulièrement touchées par ce phénomène.

Les besoins de base d'une personne seule sur quatre ne sont pas comblés

Gontran demeure tout près du centre-ville, à cinq minutes de marche. Pratique, direz-vous? Le centre-ville s’est vidé de ses commerces au profit de l’étalement urbain et des mégacentres commerciaux en bordure des autoroutes. N’y subsistent que quelques dépanneurs pour une clientèle pauvre, âgée et, surtout, captive. L’épicerie la plus proche est à deux kilomètres.
Gontran achète en petite quantité et uniquement ce qui est vraiment au rabais. Il n’y reste qu’à peine cinq minutes, ne faisant que les bouts d’allées. Quand il arrive à la caisse, il sait déjà au sou près le montant de la facture.

Il doit répartir ses dépenses sur quatre ou cinq semaines. Il doit avoir quelques provisions à la fin du mois parce qu’il sait qu’à la semaine du chèque, les grandes épiceries mettent moins de marchandises en solde, sauf des articles comme les chips et les boissons gazeuses. Il réussit l’exercice en se privant de desserts, de fromage, de poisson, de viande, de bananes, de pamplemousses… Il se prive aussi de transport en commun, de loisirs, de culture, de vêtements, entre autres.

On a assisté, au fil des ans, à une détérioration de la situation des personnes seules, notamment celle des prestataires d’aide sociale. Au Québec, en 2011, le taux de faible revenu selon la mesure du panier de consommation était de 10,7 %3 .


3. Taux de faible revenu d’après la mesure du panier de consommation (MPC, base 2011), pour les personnes et les personnes dans des unités familiales, selon l’âge, le sexe et le type d’unité familiale, Québec, 2002-2011, Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion.

Séparation.