Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°10 - Mai 2014

Vivre seul en situation de pauvreté

Séparation.

Mais ces données ne révèlent pas toute la réalité. Ainsi, le taux de faible revenu des personnes seules a augmenté depuis l’adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il est passé de 23,2 % en 2002 à 27,1 %, en 2011. Pour les personnes seules de moins de 65 ans, il est passé de 29,3 % à 32,6 % au cours de la même période. Il a augmenté de façon importante pour les hommes de ce groupe d’âge, et il est resté stable pour les femmes. Il demeure néanmoins plus élevé chez ces dernières. Cela signifie qu’au Québec, un peu plus de 360 000 personnes vivant seules disposent d’un revenu insuffisant pour couvrir leurs besoins de base, soit essentiellement se nourrir, se loger, se vêtir et se déplacer.

Enfin, bien que la question du revenu soit de première importance, il ne faut pas oublier qu’en plus, l’absence d’un réseau de soutien vient aggraver la condition des personnes seules en situation de pauvreté et augmenter leur exclusion sociale.

Des pistes de solution

Le Comité a déjà proposé divers moyens qui pourraient contribuer grandement à améliorer les conditions de vie des personnes seules, notamment les 138 189 adultes prestataires4 d’aide sociale sans contraintes à l’emploi, dont quelque 89 320 personnes seules.

En tout premier lieu, il faut améliorer le revenu de ces personnes. Une aide financière insuffisante permet à peine de survivre, et elle ne permet certainement pas aux personnes de sortir de l’exclusion. Selon la proposition du Comité, il faudrait environ 13 000 $5 par année à une personne seule pour couvrir ses besoins de base, ce qui représente près de 5 000 $ de plus que le revenu annuel disponible d’une personne prestataire de l’aide sociale, sans contraintes à l’emploi, qui se situe à 8 444 $6. En 2013, le gouvernement du Québec a annoncé une augmentation de la prestation mensuelle de ces personnes, soit 50 $, laquelle sera appliquée de façon graduelle, d’ici au 1er janvier 2017, pour un total de 600 $ de plus par année à terme. Bien qu’il s’agisse d’une amélioration, on est encore loin de la somme nécessaire pour couvrir les besoins de base7.


4. Rapport statistique sur la clientèle des programmes d'assistance sociale, Direction de la statistique et de l’information de gestion, ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, février 2014, www.mess.gouv.qc.ca.
5. Soit 80 % du seuil de faible revenu selon la mesure du panier de consommation, dernière donnée disponible, 2011, Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion, www.cepe.gouv.qc.ca.
6. En 2013.
7. À noter que ce ne sont pas toutes les personnes qui bénéficient de cette augmentation de la prestation. Ainsi, par exemple, celles qui vivent en HLM ou qui reçoivent l’allocation-logement n’y ont pas droit.

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