Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°10 - Mai 2014

Vivre seul en situation de pauvreté

Séparation.

Par ailleurs, l’abolition des catégories à l’assistance sociale est également un incontournable. Cette distinction entre catégories de prestataires ne résiste pas à une analyse plus rigoureuse des caractéristiques de ces personnes. Elle contribue aussi à renforcer les préjugés. Comme les prestataires sont majoritairement des personnes seules, celles-ci en souffrent plus particulièrement.

En plus du revenu disponible, l’accès à un logement décent à un coût abordable est un important moyen d’améliorer le bien-être et la situation économique des personnes, le coût du logement accaparant la plus grande part du revenu, particulièrement pour les ménages à faible revenu. Soulignons la décision d’abaisser graduellement l’âge d’admissibilité au programme Allocation-logement de 55 à 50 ans. Le Comité avait recommandé qu’il soit plutôt porté à 45 ans. Il y aurait également lieu de revoir le revenu maximal admissible qui est demeuré le même pour les personnes seules depuis la création du programme en 1997, soit 16 480 $, ainsi que le montant maximal de l’aide mensuelle accordée, soit 80 $, qui n’a pas non plus été augmenté depuis 1997.


D’autres mesures importantes peuvent contribuer à l’amélioration de la situation des personnes seules à faible revenu, par exemple l’assurance médicaments ainsi que l’aide juridique. En ce qui concerne ce dernier point, des améliorations substantielles ont été récemment apportées aux seuils d’admissibilité. Notamment, depuis le 1er janvier 2014, une couverture gratuite est assurée aux personnes âgées vivant seules et bénéficiant majoritairement du supplément de revenu garanti. De plus, le seuil d’admissibilité pour les personnes seules sera graduellement haussé afin de couvrir, d’ici au 1er juin 2015, celles qui travaillent au salaire minimum à raison de 35 heures par semaine, incluant un mécanisme d’ajustement de ce seuil à l’augmentation du salaire minimum.

Quant au régime public d’assurance médicaments, il y aurait lieu, selon le Comité, d’envisager la gratuité des médicaments pour l’ensemble des personnes en situation de pauvreté et non seulement pour les prestataires des programmes d’aide sociale et de solidarité sociale. Par ailleurs, il faudrait également, toujours selon le Comité, remettre en question les choix qui ont mené à privilégier un régime public non universel.

Séparation.