Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°20 – Novembre 2016
ISSN 2371-4069 (En ligne)

La mobilité :
un droit déterminant

Séparation.

Seulement 35,7 % des ménages qui ont un revenu inférieur à 20 000 $ possèdent un véhicule, alors que c'est le cas pour 90 % de ceux qui ont un revenu supérieur à 80 000 $3. En dehors des grands centres urbains, en l'absence de transport en commun, posséder une voiture est une nécessité. Le poids de cette dépense est donc plus important, ce qui peut contribuer pour plusieurs à leur isolement et à la difficulté d'avoir accès aux services. Dans un document du Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion, on peut lire : « [la] disponibilité d'un moyen de transport ou la possibilité d'y accéder demeure un élément primordial pour assurer la mobilité des personnes à faible revenu et, ainsi, favoriser leur inclusion sociale. En effet, que ce soit pour accéder à un emploi, pour bénéficier de certains services publics, ou encore pour établir ou maintenir des liens de sociabilité, l'accès à un moyen de transport constitue un enjeu majeur pour les personnes en situation de pauvreté4. »

Cependant, même en milieu urbain, les coûts augmentent très rapidement, plus vite en fait que l'indice des prix à la consommation. À titre d'exemple, entre 2006 et 2016, le coût de la carte mensuelle à tarif ordinaire de la Société de transport de Montréal a augmenté de 32 %, tandis que celui de la carte mensuelle à tarif réduit grimpait de 47 %. Au cours de la même période, l'augmentation de l'indice des prix à la consommation5 était de 17 %. Les personnes à faible revenu se voient donc souvent contraintes de limiter leurs déplacements ce qui augmente les risques d'exclusion. De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer une tarification sociale du transport en commun. En campagne électorale, l'actuel maire de Montréal avait manifesté son intention à cet effet. Par ailleurs, comme le fait remarquer la Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire de Montréal, « [pour] les populations installées en périphérie des bassins économiques et d'emplois, il est souvent impératif d'avoir accès à une voiture ou aux transports collectifs pour la mobilité. Or, l'offre en transports publics est généralement mal adaptée aux besoins de la population des quartiers dans lesquels sont sur représentés [sic] les jeunes, les familles nombreuses et les chômeurs ou les travailleurs aux emplois peu qualifiés et aux horaires décalés6. »


3. MINISTÈRE DE LA FAMILLE ET DES AÎNÉS, « Un portrait statistique des familles au Québec 2011 », p. 589. (Note : Il s'agit du revenu brut).
4. Aline LECHAUME et Frédéric SAVARD, « Avis sur la mesure de l'exclusion sociale associée à la pauvreté : des indicateurs à suivre… », Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion, 2015, p. 18.
5. Nous utilisons ici l'indice des prix sans l'alcool et le tabac, puisque c'est celui qui est utilisé notamment par le ministère des Finances pour indexer les tables d'imposition et par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale pour indexer les prestations des programmes d'aide financière.
6. TROVEP DE MONTRÉAL, Consultation publique de l'Office de consultation publique de la Ville de Montréal (OCPM), Montréal c'est votre ville exprimez-la!, « Le droit à la mobilité : un droit qui s'inscrit dans la réalité par une tarification sociale », 2013, p. 6.

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