Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°2 - Novembre 2011

Pour un mode d'indexation plus équitable
des prestations d'assistance sociale

Séparation.

Prenons l’exemple d’une personne habitant seule, dans un studio, à Montréal. Entre 2008 et 2011, l’augmentation réelle combinée du coût du logement, de l’alimentation et du transport en commun totalise 63,50 $ par mois4. Au cours de la même période, la prestation mensuelle d’aide sociale d’un adulte sans contraintes à l’emploi est passée de 551 $ à 574 $, soit une augmentation totale de 23 $. Le manque à gagner de cette personne est donc d’au moins 40,50 $ par mois en 2011.

Comment une prestation si minime peut-elle réellement couvrir tous les besoins jugés essentiels, est-on en droit de se demander? Il semble dès lors évident qu’une indexation basée sur les mauvais paramètres peut, au fil des ans, accroître l’appauvrissement des personnes déjà très vulnérables.


4. Le coût du logement est le coût moyen d’un studio dans la RMR de Montréal selon le Rapport sur le marché locatif RMR de Montréal, automne 2008 et le Rapport sur le marché locatif, Faits saillants - Québec, printemps 2011, de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Le coût de l’alimentation est celui du panier à provisions nutritif du Dispensaire diététique de Montréal. Le coût du transport en commun est celui du laissez-passer à tarif régulier de la Société de transport de Montréal.

Un mode d’indexation à partir des besoins essentiels permettrait au moins de maintenir le pouvoir d’achat des prestataires, en attendant l’instauration d’un régime intégré de soutien du revenu, comme le préconise le Comité consultatif dans son avis sur les cibles d’amélioration du revenu des personnes et des familles.

C’est une question de droit, de justice et de solidarité sociale.

Collectivement plus riches de moins de pauvreté, nous serons mieux...

Séparation.