Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°12 - Novembre 2014

Les préjugés – Démêler le vrai du faux

Séparation.

La prestation de base de l’aide sociale pour une personne seule dite sans contraintes à l’emploi est de 610 $4 par mois. Si l’on ajoute le crédit d’impôt pour la solidarité et le remboursement de la TPS, cette personne disposait en 2013 d’un revenu annuel de 8 748 $, soit 653 $ par mois au total5. Avec cette somme, elle devait se loger, se nourrir, se vêtir et couvrir l’ensemble de ses autres besoins, ce qui semble une mission assez difficile à remplir. Qui pourrait établir un budget équilibré en disposant d’un tel revenu et parvenir, de surcroît, pour faire référence à l’article précité, à se payer ne serait-ce qu’une semaine de vacances dans le Sud? En fait, le revenu disponible de cette personne seule à l’aide sociale couvre à peine la moitié de ses besoins de base (dont le coût était estimé à 17 246 $ en 2013)6.


4. Portail Québec [page consultée le 9 octobre 2014].
5. Dernière donnée disponible, site Web du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
6. Guy FRÉCHET, Aline LECHAUME, Richard LEGRIS et Frédéric SAVARD, « La pauvreté, les inégalités et l’exclusion sociale au Québec : État de situation 2013, Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion », 2014, p. 9 et 31.

Ce dont les prestataires de l’aide sociale ont besoin, c’est d’un soutien adapté à leur situation, qui leur permette de vivre dignement et de faire leurs propres choix, comme les autres membres de la société. On parle ici entre autres de l’accès à des mesures d’aide à l’emploi et à la formation, un important pourcentage de prestataires ne détenant pas de diplôme d’études secondaires.

DES MYTHES À DÉFAIRE

D’autres idées fausses concernant les prestataires de l’aide sociale sont tout aussi tenaces, bien qu’un examen rigoureux des faits les contredise. Les deux plus tenaces, et probablement les plus dommageables, sont les suivantes : une bonne part des prestataires serait des fraudeurs et des paresseux qui profitent amplement du système.

« Ce sont des fraudeurs. »

Les données mêmes du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale démontrent que les fraudes à l’aide sociale ne sont pas plus fréquentes que dans d’autres domaines et qu’elles ne sont pas en augmentation.

Séparation.