Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°16 - Novembre 2015

Adapter le marché du travail aux personnes

Séparation.

On compte beaucoup sur le développement de l’employabilité des personnes, alors qu’il faudrait tabler davantage sur la création d’emplois qui permettent d’intégrer les personnes exclues du marché du travail, c’est-à-dire une création d’emplois orientée en fonction des profils des populations, notamment dans les territoires à forte concentration de pauvreté. Il y a des limites à ne former des personnes que pour répondre aux exigences des postes. Il s’agit aussi de soutenir le développement économique au service des gens, plutôt que de mettre les gens au service du développement économique. Pour ce faire, par exemple, des ressources pourraient être mises à la disposition des entreprises pour implanter des programmes de mentorat afin de les soutenir dans l’embauche de personnes moins qualifiées, ou encore pour les aider à évaluer les qualifications réelles requises pour occuper un poste (par exemple, lorsqu’une entreprise exige un diplôme d’études secondaires pour un emploi de manutentionnaire).

Au-delà de la formation des personnes, on devrait avoir le souci de favoriser des activités économiques qui répondent aux besoins des localités. Le secteur de l’économie sociale notamment offre de bonnes possibilités de création d’emplois de cet ordre. Mais le secteur de l’économie traditionnelle devrait également être mis à contribution. Le gouvernement devrait appuyer non seulement les projets rentables économiquement, mais ceux qui le sont aussi socialement, c’est-à-dire des projets qui permettent d’intégrer au marché du travail des personnes qui éprouvent plus de difficulté à y accéder. Par ailleurs, une autre option à examiner est la possibilité d’inclure dans les contrats publics des clauses d’insertion visant à permettre l’embauche de ces personnes.

... Et des emplois durables...

Quand on examine les raisons pour lesquelles les personnes demandent une aide financière, on constate qu’un pourcentage important de celles-ci le font parce qu’elles n’ont plus d’emploi et qu’elles n’ont pas droit à l’assurance-emploi, ou que les prestations d’assurance-emploi qu’elles reçoivent sont insuffisantes ou encore que la période de versement de ces prestations est terminée. On sait également que, pour bon nombre d’entre elles, il s’agit d’allers-retours entre des périodes d’emploi, de recours à l’assurance-emploi, puis à l’aide sociale… Soit une spirale d’appauvrissement sans fin. Cette situation touche davantage les personnes moins scolarisées ou celles qui font l’objet de discrimination en raison, par exemple, de leur origine ethnique ou d’un handicap.

Séparation.