Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°1 - Février 2011

Le soutien à l'action locale de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Séparation.

Plusieurs communautés expérimentent déjà depuis quelques années des démarches dites de revitalisation intégrée qui se caractérisent par la mobilisation concertée de différents partenaires des milieux communautaire, gouvernemental et économique pour revitaliser des communautés en difficulté en fonction de leurs besoins et de leurs forces.

Ces démarches visent l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population, elles placent la participation citoyenne au cœur de l’action visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Elles s’appuient sur un travail concerté des partenaires intersectoriels et de divers réseaux et sur la contribution des citoyennes et des citoyens à toutes les étapes du processus. En avril dernier a eu lieu le 2e colloque national sur les pratiques de revitalisation intégrée où plusieurs expériences ont pu être exposées, notamment dans huit quartiers en mouvement à Montréal, la démarche des Premiers quartiers à Trois-Rivières, l’expérience de Salaberry-de-Valleyfield et en milieu rural pour n’en nommer que quelques-uns. Il faut encourager fortement ces initiatives qui, dans tous les cas, ont su miser sur un leadership fort et reconnu tout en laissant la place à la participation et à la créativité individuelle.

Les forces des communautés locales

Le comité a recommandé que les CRÉ jouent un rôle central entre le gouvernement, les ministères et organismes, ainsi que les communautés engagées dans les efforts de développement. Cependant, il est impératif de laisser aux communautés locales la décision quant aux territoires prioritaires de prise en charge locale et le choix de l’organisme mandataire de l’action locale. Le Comité consultatif croit fermement que les milieux doivent se réapproprier leur développement et que les ressources doivent être allouées en fonction de leurs besoins dans le respect des personnes et des groupes. Cette façon de voir est cohérente avec les valeurs d’égalité, de participation et de confiance prônées par le Comité.

Il est également important de miser sur la sagesse du terrain, sur la synergie des gens du milieu, mobilisés autour de projets collectifs et forts d’engagements communs.

C’est pourquoi, dans son avis sur l’action locale, le Comité a recommandé au gouvernement d’accorder le plus de latitude possible quant à la nature des actions mises en œuvre dans la mesure où les principes et valeurs appropriés sont respectées, notamment : l’engagement à réunir les principaux partenaires locaux; l’adoption et le maintien d’un processus démocratique dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des actions locales, ainsi que la mise en œuvre de stratégies favorisant la participation citoyenne, en particulier celle des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale.

Et les ressources…

Le Comité consultatif accueille favorablement les ressources additionnelles que le gouvernement a consenties pour l’approche territoriale intégrée par le biais du Fonds québécois des initiatives sociales (FQIS) telles qu’annoncées dans le Discours sur le budget 2010-2011. Financer les actions retenues dans les plans locaux de développement pourrait se faire en bonne partie à même les budgets disponibles à condition d’amener tous les ministères et organismes concernés à établir les ressources consacrées aux territoires prioritaires d’intervention convenus avec les régions et les villes et à déterminer des attentes de résultats sur ces territoires. Le Comité croit qu’il y a un bassin important de ressources qui pourraient être utilisées autrement, selon les priorités des milieux.

Les principes et les valeurs du développement local intégré sont de plus en plus connus et la nécessité d’adopter ce modèle obtient un consensus dans les communautés locales et dans les régions qui va en s’élargissant. Les expériences d’approche territoriale intégrée sont variables selon les territoires. Des plans locaux de lutte contre la pauvreté sont déjà en place à plusieurs endroits, certains sont en phase d’évaluation, d’autres sont en processus pour susciter la mobilisation et établir un diagnostic des besoins. Le Comité espère que tous pourront tirer profit de ces expériences qui permettront d’atteindre l’objectif commun qui est d’améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale et le bien-être de la collectivité dans son ensemble.

Séparation.