Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°14 - Mai 2015

Les mesures d'aide à l'emploi et le droit au travail :
les deux faces d'une même médaille

Séparation.

Bien qu’il soit possible d’offrir des services d’aide à l’emploi à l’ensemble des personnes sans emploi, cette entente ne peut pas servir à financer des mesures intensives d’aide à l’emploi à des personnes qui sont prestataires des programmes d’aide financière ou qui ne bénéficient pas d’un régime public de soutien du revenu, mais qui sont pourtant souvent des personnes éloignées du marché du travail.

Une autre entente, soit l’entente sur le marché du travail, a été conclue avec le gouvernement fédéral dans le but d’offrir de tels services à ces personnes ainsi qu’aux personnes en emploi qui sont peu qualifiées (qui ne possèdent pas de diplôme d’études secondaires ou d’attestation professionnelle reconnue, dont le niveau d’alphabétisation et de compétences essentielles est faible, etc.). Toutefois les fonds alloués sont insuffisants pour répondre aux besoins.

Le gouvernement du Québec investit lui aussi des fonds afin d’accroître l’employabilité et les compétences des personnes les plus éloignées du marché du travail, plus particulièrement les prestataires d’un programme d’aide financière et les personnes qui ne bénéficient pas d’un régime public de soutien du revenu. Malheureusement, au fil des ans, les sommes investies ont eu tendance à diminuer. Il est certain que le taux de chômage et, conséquemment, le nombre de personnes à aider a diminué.

Par contre, celles et ceux qui restent ont souvent des besoins plus grands en matière de soutien et d’accompagnement. Le gouvernement du Québec aurait donc tout avantage à augmenter ses propres investissements, dans le contexte où l’on appréhende une rareté de main-d’œuvre, laquelle risque de compromettre le développement futur du Québec.

Par ailleurs, dans l’offre de mesures d’emploi, on ne doit pas donner la priorité à la diminution des coûts des programmes de soutien financier, mais plutôt à l’amélioration de la qualification des personnes et des conditions qu’offre le marché du travail. Une plus grande stabilité des personnes en emploi limitera nécessairement les demandes répétées d’aide sociale et d’assurance-emploi. Des économies dans les programmes d’aide financière en découleront donc forcément. En 2013-2014, grâce aux services publics d’emploi, des économies d’un peu plus de 127 millions de dollars ont été réalisées dans les programmes d’aide financière de dernier recours4. Ces sommes ne devraient-elles pas être réinvesties, du moins en partie, dans des mesures d’aide à l’emploi?


4. MINISTÈRE DE L’EMPLOI ET DE LA SOLIDARITÉ SOCIALE, Rapport annuel de gestion 2013-2014, p. 173.

Séparation.