Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°22 – Mai 2017
ISSN 2371-4069 (En ligne)

Une augmentation substantielle du salaire minimum :
un véritable moyen de lutter contre la pauvreté

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D'autres avis abordent brièvement la question du salaire minimum, dont l'avis sur la fiscalité4, qui souligne que, lorsque les revenus sont plus élevés, il n'est pas nécessaire de pallier le faible revenu par des suppléments ou des crédits et que l'augmentation du salaire minimum est une mesure essentielle pour améliorer la situation des personnes à faible revenu. Son augmentation tire vers le haut les prestations des mesures de soutien du revenu et pousse à la hausse les salaires juste au dessus du salaire minimum. De plus, une hausse du salaire minimum permet une bonification de la cotisation aux protections sociales que sont le régime de rentes, l'assurance-emploi et le régime québécois d’assurance parentale, ce que n’offrent pas le régime d'aide financière de dernier recours ou une hausse des crédits et primes mis en place dans le régime fiscal pour pallier l'insuffisance de revenus. Cette mesure améliorant le revenu des personnes en situation de pauvreté constitue un pas dans la bonne direction.

Mentionnons finalement l'avis sur la participation citoyenne5, où le Comité avance que la hausse du salaire minimum, du fait que les personnes disposeraient des ressources suffisantes pour exercer ce droit, est à la base même de la reconnaissance de toute participation citoyenne.

Une recommandation majeure du Comité liée directement à la hauteur du salaire minimum

Dans son avis sur les cibles de revenu6, le Comité consultatif a recommandé qu’une personne travaillant 16 heures par semaine au salaire minimum atteigne 100 % de la mesure du panier de consommation (MPC). Dans ce cas, le salaire minimum influencerait directement l’atteinte d'une cible pouvant, sans sortir complètement les personnes de la pauvreté, assurer un revenu permettant de combler les besoins de base. Actuellement, il faut travailler 30 heures par semaine pour atteindre 100 % de la MPC. L'augmentation du salaire minimum ramènerait donc le nombre d'heures de travail nécessaire à l'atteinte de la cible plus près du nombre fixé par le Comité et plus près de la définition du travail à temps partiel.


4. COMITÉ CONSULTATIF DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET L’EXCLUSION SOCIALE. « Réformer la fiscalité pour tendre vers un Québec sans pauvreté », Québec, 2016, 47 pages.
5. COMITÉ CONSULTATIF DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET L’EXCLUSION SOCIALE. « Au-delà de l'emploi, reconnaître la participation citoyenne et le droit à la dignité », Québec, 2015, 51 pages.
6. COMITÉ CONSULTATIF DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET L’EXCLUSION SOCIALE. « Améliorer le revenu des personnes et des familles… le choix d'un meilleur avenir », Québec, 2009, 47 pages.

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