Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°22 – Mai 2017
ISSN 2371-4069 (En ligne)

Une augmentation substantielle du salaire minimum :
un véritable moyen de lutter contre la pauvreté

Séparation.

Des craintes qui ne se sont pas avérées par le passé

La hausse du salaire minimum entraîne souvent des craintes relativement à la compétitivité des entreprises et à un effet négatif sur l'emploi. L'objection principale des détracteurs d'une hausse importante et rapide du salaire minimum a trait aux effets appréhendés sur l'offre d'emploi. Pourtant, les augmentations plus importantes du salaire minimum consenties dans un passé récent n'ont pas mené à une diminution du nombre d'emplois. Par exemple, entre 2005 et 2010, l’Institut de la statistique du Québec a observé une hausse des emplois au salaire minimum ou juste au-dessus, alors que le salaire minimum a augmenté de plus de 1,75 $ pendant cette période. Ce même constat s'est aussi vérifié dans d'autres territoires. Donc, peu de pertes d'emploi ou d'heures travaillées.

Les arguments favorables à la hausse du salaire minimum s'appuient sur un meilleur partage de la richesse pour une société plus égalitaire et sur une question de justice sociale. Les personnes favorables y voient des avantages économiques, dont une augmentation de la productivité et de la motivation. Toute la société et l'économie profiterait d'une hausse importante du salaire minimum, qui se traduirait notamment par une augmentation de la consommation des ménages, dont plusieurs retourneraient immédiatement dans l’économie leurs revenus supplémentaires.

Une partie de l'enrichissement serait consacrée aux cotisations assurant les protections sociales, disponibles et bénéfiques pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs, qui peuvent revenir sous la forme de congés parentaux, de prestations diverses ou de rentes de retraite et favoriser la stabilité d'un revenu plus élevé tout au long de la vie.

Des gains probables pour les finances publiques

Une autre partie des revenus supplémentaires retournerait dans les coffres de l'État. C'est la réalité de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses qui voient leur revenu croître au-delà d'un certain seuil. Il s'agit aussi de revenus qui permettent à l'État de maintenir les services sociaux offerts à la collectivité.

Séparation.