Comité consultatif de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bulletin n°12 - Novembre 2014

Les préjugés – Démêler le vrai du faux

Séparation.

Au total, les fausses déclarations représenteraient quelque 3 % des prestations versées, pour un total de 86 millions de dollars par année (sur un budget global de quelque 2,8 milliards). En comparaison, selon l’Agence du revenu du Québec, il manquerait chaque année environ 3,5 milliards de dollars dans les coffres de l’État en raison de l’évasion fiscale7. Il faut également souligner que la vaste majorité, soit 80 %, des fausses déclarations à l’aide sociale sont attribuables à des erreurs de bonne foi, probablement liées à la complexité des démarches pour obtenir cette aide dite de dernier recours.

« Ce sont des paresseux et des profiteurs. »

« Il est certain qu’il faudra que tu sois davantage au Québec en train de te chercher une job plutôt qu’en vacances dans le Sud. » On peut lire cette citation dans l’article de La Presse mentionné ci-dessus. Selon une affirmation maintes fois entendue, les prestataires ne voudraient pas travailler. Les données sur les nouvelles admissions à l’aide sociale et sur les taux de chômage indiquent pourtant le contraire.


7. PRESSE CANADIENNE, « Évasion fiscale : 3,5 milliards échappent à Québec », Le Devoir, 6 mars 2012.

Chaque mois, près de 45 % des personnes nouvellement admises à recevoir des prestations d’aide sociale le sont en raison de la fin de leurs prestations d’assurance-emploi (assurance-chômage), de la perte de leur emploi sans qu’elles aient droit à ces allocations, ou de prestations d’assurance-emploi insuffisantes. Cela illustre assez bien le lien avec un marché du travail où les seuls débouchés accessibles à ces personnes sont souvent précaires et mal rémunérés.

En ce qui concerne le taux de chômage, les conclusions de l’analyse des données pointent dans la même direction. Il était de 11,5 % en 1995, alors que le taux de l’assistance sociale se situait à 11,8 %. En 2013, le taux de chômage était passé à 7,6 % et celui de l’assistance sociale, à 6,7 %. On le voit bien : bon nombre de personnes n’ont d’autre choix que de recourir à l’aide sociale quand elles perdent leur emploi. Cependant, lorsque le marché du travail leur offre des opportunités, elles y retournent, à condition que des employeurs veuillent bien les embaucher.

Séparation.